La Digue du Braek protège ce qui pourrait survenir de la mer les sites industrielles sidérurgiques et pétrochimiques classés Seveso – site présentant des risques d’accidents majeurs – du nord de Dunkerque. Elle s’étend sur plus de 6 km de long et s’érige en dernier rempart contre le vent, la montée des eaux et de ce qui vient. Ce long remblai de terre et de sable est ainsi aux premières loges de la dynamique mondiale en mouvement, de l’intensité de l’industrie minéralière et de son flux maritime. Tout en abritant une faune ornithologique, halieutique et une flore aux prises des grands bouleversements contemporains, elle observe les tentatives de traversée d’hommes et de femmes fuyant les conditions de leurs vies sur terre.
Depuis ce site, le workshop et l’exposition de Maxime Bondu Le bruit de l’événement, entendu ici au sens premier du terme – ce qui arrive – proposa un temps d’observation et de collecte d’informations, puis d’interprétation de signes et d’augures. Ainsi, une attitude de lecture et de relevé précis du réel s’opère. Se décrit, s’écrit, se dessine et s’amoncelle. Dans un geste effréné vers l’accumulation de données, un groupe tenta de prédire les auspices de ce lieu complexe et de discerner le bruit ambiant de l’événement à venir.