Née en Normandie, près de Cherbourg, Agnès Villette est une artiste dont la pratique est basée sur la photographie, mais elle est aussi journaliste indépendante et enseignante. Après une maîtrise de littérature, en 1993, elle s’installe en Écosse puis à Londres. En 2007, elle obtient une agrégation de lettres modernes à la Sorbonne, à Paris, et en 2017 un master en photographie au London College of Communication, à Londres. Journaliste et photographe indépendante, elle collabore régulièrement avec Dust, Citizen K, Wedemain, Le Temps, le M du Monde. Ses articles et reportages portent sur les sociétés numériques, les questions environnementales, l’écopolitique et la culture populaire. Elle a enseigné la littérature et la culture dans plusieurs institutions telles que l’université de Glasgow, le Queen Mary College et le Lycée français de Londres. Certains de ses travaux photographiques et installations ont été exposés à l’école d’art de Caen et au Detroit Science Lab.
Statement
Sa pratique est basée sur la recherche et la pluridisciplinarité. Elle explore la photographie, les textes et les films pour créer des installations qui réfléchissent aux questions écologiques et politiques. Influencée par les écrits théoriques générés par l’Anthropocène, elle développe des projets qui fusionnent l’art et la science.
Dans Haunted, qu’elle a développé dans le cadre de son master, elle s’est interrogée sur notre relation paradoxale avec l’industrie nucléaire, notre dépendance énergétique et la politique non résolue des déchets nucléaires. Le projet est ancré dans la péninsule du Cotentin, en France, qui présente de manière unique toutes les étapes du cycle industriel nucléaire, de la production au stockage des déchets, en passant par le ravitaillement en combustible. En utilisant les données collectées par le compteur Geiger, la cartographie, le verre d’uranium, le son et les images, elle a invité le spectateur à une rencontre directe avec la radioactivité. Haunted est un projet doctoral basé sur la pratique à l’école d’art de Winchester, en Grande-Bretagne, explorant les ruines radioactives de la péninsule normande, à travers la mémoire des rivières.
Elle développe également 4 projets :
Beta Bunker étudie la transformation actuelle des bunkers militaires de la guerre froide en Suède en centres de données.
Alien of the Species, série photographique, explore 12 insectes invasifs récemment arrivés en Europe. Confrontant des interviews d’entomologistes et de théoriciens des sciences humaines de l’environnement, le projet cartographie l’enchevêtrement complexe des relations homme/animal au sein d’écosystèmes perturbés soumis au réchauffement climatique et aux migrations de masse.
Lithium Kids explore l’exploitation du lithium dans le désert d’Atacama, au Chili, en perspective avec notre dépendance aux technologies numériques. Elle sous-tend comment notre transition verte s’appuie sur le commerce des minerais et des minerais rares.
Enfin, le récit de non-fiction Landemer enquête sur un meurtre non résolu qui s’est produit au cœur de la guerre froide, en 1969, à La Hague. Structuré autour de recherches médico-légales et d’archives et encadré par le style codifié de la littérature noire, Agnès interroge des témoins et photographie des lieux et des preuves pour reconstruire une histoire à plusieurs niveaux reliant les centrales nucléaires, la photographie et la géopolitique de l’époque.