Palette EPAL, pouces-pieds (Pollicipes pollicipes), vitrificateur de parquet
Galerie Exutoire,
Esä site de DUNKERQUE
Du 24 novembre au 17 décembre 2023
Exposition issue du workshop mené par Max Bondu.
Avec Nahla Benbelkacem, Max Bondu & Donovan le Coadou, Clara Borteele, Sofiane Dahmoun, Clément Gouley, Margot Hermin, Rafik Kerkouche, Agathe Maquigny, Anselme Sargeni, Theo Pollaert.
Au Nord-Ouest de Dunkerque, la Digue du Braek protège les sites industriels classés Seveso de ce qui pourrait survenir de la mer. Elle s’étend sur plus de six kilomètres de long et s’érige en dernier rempart contre le vent, la montée des eaux et de ce qui pourrait arriver. Ce long remblai de terre et de sable est ainsi aux premières loges de la dynamique mondiale, de l’intensité de l’industrie minéralière et de ses flux maritimes. Abritant une faune ornithologique, halieutique et une flore aux prises avec les grands bouleversements contemporains, elle observe les tentatives de traversée d’hommes et de femmes en exil.
Depuis ce site, le workshop et l’exposition intitulés Le bruit de l’événement, entendu ici au sens premier du terme – ce qui arrive – propose un temps d’observation et de collecte ainsi qu’une interprétation de signes et d’augures.
#1 Hard Cloud, Sofiane Dahmoun. 77’vidéo.
Exploration d’un nuage de fumée des hauts fourneaux visible depuis la digue. La capture a été possible grâce aux images satellites de Google Earth, mais la modélisation inexacte du lieu industriel nous amène à interpréter des artefacts mystérieux.
#2 À l’abri du Braek. Agathe Maquigny & Margot Hermin. Encre sur papier.
Composition d’abri de fortune formé par des éléments glanés sur le Digue du Braek. La perte de repères sur site a éveillé une volonté de construire un abri pour se protéger des événements à venir.
#3 Eternal terminal, Clément Gouley Impression jet encre.
À l’horizon, trois formes gigantesques apparaissent dans la brume semblable aux pyramides sumériennes. Dans une tentative de répliques, de portrait, d’autre formes émergent du sable, entre stèles, rituels et monuments.
#4 Pour éviter la pluie, mettez-vous à l’abri, Théo Pollaert. Verre rouge cintré, encre.
Protocole pour rejoindre un abri au Nord-Est de la Digue du Break. Indications courtes coupées de paragraphes plus détaillés.
#5 Cloud, Nahla Benbelkacem, Tirage argentique
Image nébuleuse réalisée à partir d’une pellicule altérée chimiquement par l’eau de mer de la digue. L’image originale a été perdue, mais le résultat évoque la forme d’un nuage fantomatique.
#6 Le bruit de la digue,Max Bondu Impression jet d’encre.
Durant l’écoute d’une fréquence d’un satellite de la National Oceanic and Atmospheric Administration avec une antenne de fortune sur la Digue du Braek, un échantillon est traduit en image.
#7 Sous la jetée, Sofiane Dahmoun, Anonyme & Théo Pollaert. 89’ Field recording, transducteur, amplificateur, structure en aluminium.
Marche souterraine sous la jetée du phare de Saint-Pol-sur-Mer. L’enregistrement est perceptible au travers d’un tube prélevé sur la digue rejouant l’écho du tunnel.
#8 [Ɑ̃GIJ] , Clara Borteele. Encre sur faïence.
Prenant sa source sur la peau d’une anguille échouée sur la digue, un alphabet se combine en prédiction poétique.
#9 Pollicipes pollicipes, Rafik Kerkouche. Palette EPAL, pouces-pieds (Pollicipes pollicipes), vitrifi.cateur de parquet.
Les palettes industrielles de transport de marchandises de type EPAL sont utilisées pour le transport de marchandise. Probablement tombée d’un cargo, celle-ci a été investie par une colonie de pouces-pieds. Restitué et stabilisé, cet objet ready-made évoque le recouvrement par la mer, l’inondation qui vient.
#10 De stem van de zeepaling, anonyme 5’ vidéo sous-titrée, TV.
Interprétation des ondes électromagnétiques perceptibles sur la digue. L’enregistrement a été réalisé au travers du corps d’un congre mort, sur le bord du canal de Bourbourg, à proximité du sémaphore militaire.
#11 Le serpent noir, Max Bondu & Donovan Le Coadou. Cire noire.
« Selon une ancienne prophétie Lakota, un serpent noir se glisserait à travers le pays, profanerait les sites sacrés et empoisonnerait l’eau avant de détruire la Terre. Une fois infiltré sous la surface, le serpent viendrait réveiller démons et esprits maléfiques, empoisonnant ainsi les veines de la Terre Mère. L’eau, comme le sang, pour les peuples Carrizo Comecrudo et Esto’k gna, est l’énergie sans laquelle toute forme de vie est condamnée » (ext. La prophétie du serpent noir, June Loper).
Galerie Exutoire
5 rue de l’esplanade
59140 Dunkerque
Informations : (0)3 28 63 72 93
Ouvert du lundi au vendredi, de 10h à 17h.